Vivre conforme ou vivre libre ?

Vivre conforme ou vivre libre ? Depuis notre plus tendre enfance, nous comprenons qu’il est préférable de dire, de faire et de nous comporter comme le souhaitent les adultes qui nous entourent, autrement dit d’être conforme, dans la norme. Très vite, nous apprenons à oublier nos impulsions les plus profondes, notre spontanéité, notre joie de vivre, parfois, pour devenir celui ou celle que nos parents attendent que nous soyons. Eux-mêmes ne font que reproduire ce qu’ils ont vécu et le formatage qu’ils ont reçu. Ainsi, nous devenons progressivement quelqu’un d’autre, une personne qui s’est désalignée de sa sagesse intérieure et de sa force intrinsèque.

 

Oh, cela a bien des avantages. Cela permet de s’intégrer dans la société, d’être accepté, d’être aimé et d’être reconnu. Enfin, « reconnu » pour ce que l’on paraît être et non pas reconnu pour ce que l’on est vraiment. C’est alors un vrai jeu de dupes qui se met en place autour de nous. En effet, nous sommes reconnus pour ce que nous ne sommes pas et nous reconnaissons ceux qui nous entourent pour ce qu’ils paraissent être et qu’ils ne sont pas non plus ! Ce formatage nous éloigne chaque jour davantage de nous même et le conditionnement par l’éducation, les médias, le milieu professionnel ne fait que renforcer le formatage reçu.

 

De jour en jour, d’année en année, nous nous finissons par nous perdre et par oublier qui nous sommes vraiment. Cette distorsion intérieure nous tiraille de plus en plus avec le temps. C’est lors de la crise du milieu de la vie que cette distorsion nous écartèle d’une façon plus criante. C’est souvent à ce moment là que nous avons envie de tout envoyer en l’air, de tout quitter, famille, conjoint, travail, tant l’illusion de réussite et d’accomplissement social (éventuel) ne nous comble plus, si tant est que tout cela ait pu nous combler.

 

Nous commençons alors à rechercher qui nous sommes vraiment, tantôt à la faveur d’un événement extérieur, tantôt bousculé par une maladie, un deuil ou autre prétexte que trouve notre sagesse intérieure pour nous inviter à nous remettre sur notre « vrai » chemin, à nous aligner à notre « vraie » nature intérieure.

 

Nos rêves d’enfant mis de côté, nos talents enfouis, car non valorisés par la société, notre spontanéité et notre joie de vivre, poussent de l’autre côté de la porte. C’est le temps des lectures inspirantes, d’une quête existentielle, d’un travail thérapeutique peut-être, pour se libérer des blessures du passé ou des traumatismes subis. C’est le temps de se réapproprier son histoire en en tirant la quintessence. En comprenant que certes chaque événement douloureux ou non a été vécu, mais qu’il a aussi permis de construire des ressources et une sensibilité, donné des orientations professionnelles de réparation, etc.

 

C’est prendre conscience que derrière le paravent du paraître il y a l’Etre, dans sa beauté, sa sagesse, sa dignité, sa pureté, que même les pires blessures n’ont pu atteindre. C’est le temps aussi de faire preuve de discernement car les sirènes sont nombreuses pour nous piéger à nouveau dans d’autres formatages, comme ceux que professent parfois certains gurus du New-Age. L’idée est plutôt de se réapproprier sa propre puissance et souveraineté intérieure. L’enjeu est de prendre la RESPONSABILITÉ de ce que nous choisissons de devenir et de créer dans notre vie, en alignement avec la meilleure version de nous-même. Qu’importe si nous ne savons pas exactement ce qu’elle est. L’important est de poser l’intention de s’y reconnecter et de l’incarner du mieux possible au quotidien, en se pardonnant de ne pas l’avoir fait plus tôt ! Car l’ego qui se construit à partir du formatage initial continue à murmurer à nos oreilles et à porter des jugements. L’Etre en alignement, lui, ne se juge pas. Il comprend que tout est cheminement, que les écueils sont nombreux sur le chemin vers Soi mais que les joies et le sentiment d’accomplissement sont aussi présents. Alors, il avance, du mieux qu’il peut, humble et courageux, patient et fort.

 

La reconstruction de Soi est un processus d’amour vis à vis de soi, d’accueil et de bienveillance. L’Etre qui sort du formatage ose poser sa parole de vérité, tout en respectant les autres. Il ne cherche plus à sauver qui que ce soit. Il comprend que chacun a son libre arbitre et que seul son exemple, réellement incarné, peut donner envie d’entamer son propre cheminement. Il ne se glorifie pas de ses victoires intérieures. Elles se manifestent simplement dans son état d’être et sa façon d’être en relation au monde. Il a appris à se préserver des personnes qui vibrent sur une autre fréquence, sans les juger, simplement en acceptant la différence. Il sait aussi qu’il peut déranger sans le vouloir. En effet, ce qu’il est renvoie à ceux qui sont encore coincés dans leur formatage ce qu’ils pourraient devenir et qu’ils ne s’autorisent pas encore à manifester. Comme l’a écrit Marianne Williamson et qui a été repris par Mandela : «Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toutes limites ».

 

Ma grand-mère disait « pour vivre heureux, vivons cachés ». Cela voulait dire finalement « pour survivre, vivons en deçà de qui nous sommes et ne faisons pas de vagues car c’est risqué d’être qui nous sommes vraiment ». C’est l’héritage qu’elle a reçu et qu’elle a transmis. Il m’a fallu beaucoup de temps pour m’en défaire et je continue à œuvrer en ce sens !

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